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Le bio en Île-de-France : ça marche !

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Voici l’interview de Clément parue sur la lettre d’information de Terre de Liens.

En Seine-et-Marne, après trois années d’apprentissage et de rodage au sein de la ferme acquise par Terre de Liens et ses actionnaires à Toussacq, Clément Fontvieille, maraîcher Terre de Liens sur 6 hectares, entame la nouvelle saison sereinement. Premier bilan

Comment avez-vous rejoint le projet de la ferme ?

J’ai reçu ce projet sur un plateau d’argent ! Je devrais dire sur un plateau d’or. En effet, Jean-Louis (ndlr : l’ancien propriétaire) voulait être sûr que l’énergie investie en fin de carrière à convertir ses terres à l’agriculture biologique ne soit pas gaspillée si ses terres venaient à être rachetées par un agriculteur utilisant des intrants chimiques. Avec l’aide de Terre de Liens, ils ont monté ce projet d’acquisition. À ce moment-là, j’étais salarié de Jean-Louis et n’envisageais pas a priori de gérer une exploitation. Mais je gardais le projet de devenir entrepreneur et comme il y a peu de terres disponibles en Île-de-France, c’était l’occasion. Je me suis donc repositionné sur le projet en tant que repreneur.

Comment ça s’est passé ?

Je me suis lancé dans de très bonnes conditions. Il n’y avait pas d’installations à faire, j’ai repris les structures mises en place par Jean-Louis. Mais le maraîchage a ceci de particulier qu’il nécessite de gérer simultanément des dizaines de cultures, des périodes de semis et de récolte différentes et de longues heures de désherbage. Ce roulement ne s’acquiert pas en un jour ! J’ai donc continué de me former aux nouvelles techniques maraîchères et d’acquérir des connaissances et des outils. L’avantage, c’est que nous avons un réseau de producteurs en AMAP ainsi que le GAB Île-de-France qui propose des formations et nous bénéficions des expériences des uns et des autres.

Quel est l’enjeu de ce type d’installation maraîchère ?

La présence de maraîchers en Île-de-France est un enjeu important, car leur présence permet d’éviter les importations inutiles et d’assurer un peu d’autonomie à la population francilienne. Ce type de projet permet de réfléchir collectivement au maintien de ces terres agricoles. D’autant que la terre francilienne est de très bonne qualité, c’est donc un peu dommage de la consacrer à des installations industrielles. L’objectif : installer davantage de maraîchers dans la région ! C’est aussi l’occasion de réfléchir à nos méthodes de production. Il est devenu important de montrer à la population francilienne que l’agriculture biologique est primordiale et qu’il est possible, dans notre société moderne, de nourrir la population sans intrants chimiques. J’ai donc choisi de développer ce type d’agriculture et je pratique également la biodynamie qui vise à améliorer la vie du sol et l’état sanitaire des plantes. Par exemple nous suivons le calendrier lunaire pour les semis.

Quel est votre objectif aujourd’hui ?

Montrer que ça marche ! Que ça tourne ! Qu’on embauche des salariés, qu’on vit correctement, que nos clients sont contents. On se fait une image des agriculteurs bio, « baba cool » utopistes. Il en existe certainement, mais la plupart d’entre nous sont des gens en reconversion, qui sont sérieux, qui réfléchissent en termes d’avenir, de logique économique, qui souhaitent remettre du sens dans ce qu’ils font.

Pour voir la lettre d’information suivez le lien:
Franci’Liens mars-avril 2014